Portraits d’artistes – Aru Lee

Aru Lee est une jeune et talentueuse tatoueuse Coréenne de 22 ans. Après avoir découvert son travail sur Instagram, j’ai décidé de prendre contact avec elle pour connaître un peu mieux les conditions des tatoueurs en Corée.

 

Elodie : « Comment et quand as-tu décidé de devenir tatoueur ?

Aru : Depuis mon enfance. J’ai toujours été intéressé par l’art, le design et le tatouage. J’ai essayé de faire ce que j’aimais. Quand j’étais au lycée, je rêvais d’être designer. Finalement, c’est vers mes 21 ans que j’ai commencé le tatouage.

E : Est-ce que les conditions difficiles de tatoueurs en Corée ne t’on pas fait peur ?

Aru : Il est vrai que les conditions de tatoueur sont compliquées comparé aux autres pays. Je vis parfois des moments difficiles à cause des problèmes que rencontre la Corée ces jours-ci. A Séoul, comme la population Coréenne est concentrée, il y a beaucoup de tatoueurs. Alors que les habitants connaissent encore mal le tatouage (voir pas du tout), et qu’il n’est pas dans notre culture, j’ai quelques difficultés à bien gagner ma vie. Quand je vais en Europe pour tatouer en tant que guest, je ressens d’autant plus les problèmes au niveau du travail dans mon pays, mais pas seulement pour les tatoueurs, tous les métiers, à cause des problèmes politiques et sociaux. Mais le métier de tatoueurs a beaucoup évolué comparé au passé, mais malheureusement, nous ne sommes toujours pas reconnus.

E : As-tu un diplôme de médecin comme il est normalement nécessaire pour pratiquer ce genre d’actes « chirurgical » ?

A : Non et il n’y a aucune règlementation concernant le tatouage, ou diplôme en Corée, d’où son illégalité. Mais même comme ça la plupart des tatoueurs, y compris le tattoo shop ou je travail, s’impose les mêmes règles d’hygiène qu’à l’étranger.

E : Comment et où est-ce que tu as appris à tatouer ? Quel est ton style et le type de clients que tu as ?

A : J’ai trouvé un tatoueur Coréen dont j’aimais beaucoup le travail et je lui ai demandé de me former contre une rémunération. Je travaille seulement avec l’encre noire, la plupart du temps avec beaucoup de détails et traits fins. Mais j’ai déjà essayé différents styles. Je tatoue autant de femmes que d’hommes, le plus souvent des jeunes et de petits tattoos.

E : Parles moi de ton studio de tatouage, Lucent Studio.

A : Je travaille dans un studio à Seoul et nous sommes 9 artistes au total. Notre studio est situé dans la cave d’un immeuble comme la plupart des studios de tatouages, mais de nos jours on commence à voir apparaître des studios directement sur rue.

E : J’ai vu que tu voyages beaucoup en tant que guest dans différents salon à travers le monde. Es-tu déjà venu tatouer en France ? C’est pour bientôt ?

A : Je ne suis encore jamais aller en France, mais j’en ai vraiment très envie et j’espère pouvoir y aller très bientôt !

E : As-tu déjà eu des problèmes avec la police à cause de l’illégalité de ton métier ?

A : Je n’ai jamais eu de problème avec la police, et ce n’est pas si commun que cela. Sauf si quelqu’un vient se plaindre de nous à la police mais ce n’est pas le cas.

E : Es-tu tatouée à des endroits visibles ? Comment ta famille et tes amis réagissent à tes tatouages et à ton métier ?

A : J’ai pas mal de tatouages, surtout sur mes bras et mes jambes ! Je compte bien continuer sur mon dos, mon cou et le reste de mon corps. Ma famille est très réfractaire à mon métier de tatoueur, et aux tatouages. Ils me demandent sans arrêt d’arrêter de me faire faire des tattoos. La plupart des personnes d’un certain âge pense pareil, ça me préoccupe assez, et les femmes ont tendances à être encore plus mal vues. Heureusement, j’ai le soutien de mon petit frère, il me dit souvent qu’il veut se faire tatouer. Certains de mes amis n’apprécie pas mon métier ni les tatouages, mais je comprends que cela peut faire un peu peur ou être inquiétant, mes amis qui travaille ou étudie l’art sont très positif quand à tout ça !

E : Penses-tu qu’être tatoué est mal vu en Corée ? Est-ce que les personnes tatouées mènent une vie compliquée à cause de cela ?

A : Bien sûr, la Corée ne pense pas du bien des tatouages puisque c’est illégal. Mais le gouvernement commence à ouvrir les yeux et à réfléchir sur quelques réglementation concernant le tatouage.

Être tatoueur en Corée est difficile comparé aux autres pays. Aussi la plupart de notre population est situé dans la capitale, à Séoul (17 millions d’habitants à Séoul pour 50 millions dans tout le pays). Dernièrement les tatoueurs se multiplient dans la capitale, malheureusement, à cause de la mauvaise image du tatouage, notre manque de culture/connaissance sur le tatouage, il y beaucoup de tatoueurs pour peu de demande en comparaison. A cause de ça il est donc, en plus, difficile d’être tatoueurs financièrement, beaucoup ont un autre job à mi-temps à côté. Je pense que si les tatoueurs Coréen allaient dans d’autres pays, ils gagneraient plus.

Un grand merci à Aru pour sa gentillesse et le temps qu’elle nous à consacré. Grâce à elle nous en apprenons un peu plus sur les tatoueurs en Corée, nous ne manquerons pas de vous tenir au courant si elle était amené à venir tatouer en France.

Pour ceux qui souhaitent soutenir Aru, ou en savoir un peu plus vous pouvez voir son travail et suivre ses déplacements sur son compte Instagram : @aru_tattoo

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