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Ryū Murakami, l’auteur tranchant et sombre.

Antithesis est de retour et vous ramène une nouvelle découverte en provenance du Japon. Aujourd’hui pas de mode ou modifications corporelles mais nous allons parler littérature avec un auteur célèbre qui nous passionne avec son style d’un réalisme critique de la société : Ryū Murakami.

Tout d’abord, il n’est pas à confondre avec son contemporain Haruki Murakami, qui n’ont pas le même style et ils ne sont pas de la même famille non plus.
Romancier, scénariste et réalisateur, Ryū Murakami fait parti des nombreux talents Japonais qui ne sont pas assez reconnu au delà des frontières Nippone.

Tout commence en 1976 avec la publication de son premier roman « Bleu presque transparent » alors qu’il est encore à l’université. Le succès est déjà au rendez vous car dès la première année il obtient deux prix : le prestigieux Prix Akutagawa (équivalent du Prix Goncourt au Japon) et le Prix Gunzō du nouveau talent.

Ce premier roman met déjà sur table le ton de l’auteur : une analyse froide et pessimiste de son temps et de la société, allant de la folie technologique à la surconsommation de la violence gratuite en passant par l’isolement des êtres aux vices de la société comme la drogue et le sexe.

Mais c’est avec sa trilogie intitulée « Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort » publiée entre 1993 et 2005 que ma passion pour cet auteur est apparue (même si je l’admets, je les ai tous lu dans le désordre !). Cette trilogie est composée de « Extasy », « Mélancholia » et « Thanatos » et qui met en scène 3 personnages, Yasaki, Reiko et Keiko, qui, chacun leur tour (chacun par tome), rencontre quelqu’un d’extérieur et raconte l’histoire de leur rencontre et de leur vie totalement désabusée agrémentée de vices. Drogue, sadomasochisme, violence, frustrations sexuelles, tout y passe. L’auteur fait ici preuve d’une grande critique, décrivant la lente et terrible destruction de ce trio qui laisse des séquelles profondes, il décrit ici la façon dont l’addiction peut détruire physiquement et mentalement les êtres, au point où la souffrance n’est plus mais devient fatale, où le manque devient la seule raison de vivre.
Cette trilogie ne peut pas nous laisser de marbre, et nous captive jusqu’au bout.

Les personnages de Ryū Murakami ont la même « consistance », ils vivent de manière marginale parfois dangereuse, sont empreints d’une détresse insurmontable et sont incapables de s’adapter et s’intégrer dans une société (Japonaise) qui ne les comprends pas.
L’abandon est aussi un de ses thèmes, avec notamment son deuxième roman. « Les bébés de la consignes automatique », nous plonge dans la vie détruite de deux frères de cœur, abandonnés tout deux dans une consigne automatique dans l’immensité de la métropole Tokyoïte . Ce roman nous décrit pages à pages comment leur traumatisme initial plonge dans la folie et destruction les deux personnages, en passant par la haine, la maladie mentale et bien d’autre. Se déroulant dans les bas-fond de Tōkyō, l’auteur nous montre ici une nouvelle image de la capitale, bien loin de sa version propre sans faille.

Avec une trentaine de livres publiés, Ryū Murakami nous transporte dans son univers à sa manière très réaliste et crue, qui ne plait pas à tout le monde mais en ravira plus d’un par son sens critique et son écriture.

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